Qui sommes-nous ?
On peut exprimer cette question avec des mots mais c’est la profondeur et l’authenticité de l’interrogation qui a du sens. De même, qui nous sommes en réalité ne peut être appréhendé par la pensée; on peut utiliser celle-ci pour désigner des parties de nous-mêmes auxquelles nous nous identifions (profession, rôle social, trait de caractère etc...) mais la pensée ne parvient pas à saisir ce qu’il y a au delà. En revanche, cette investigation nous fait entrevoir qu’une conscience est toujours présente à l’arrière, plus ou moins perceptible.
Cette conscience ne peut être approchée et vécue que dans la profondeur du moment présent, là ou l’activité ordinaire du mental cesse. Or nous ne vivons que très rarement cette intensité du moment présent, fonctionnant habituellement selon les conditionnements du passé et identifiés à nos projections dans le futur, nos objectifs et notre soif de faire et d’avoir. Nous passons en général la plus grande partie de notre vie à côté de l’essentiel, loin de notre être réel qui nous reste inconnu.
Méditer c’est s’arrêter, être simplement là, présent à ce qui est; ce n’est pas une quête car il n’y a pas de but, il n’y a rien à chercher, rien à avoir, rien à faire, et c’est là la difficulté de cette pratique qui ne s’inscrit pas dans le type de démarche dont nous sommes coûtumiers; l’habitude de contrôler les choses et de s’en saisir s’oppose à la présence, ainsi que la peur de lâcher cette habitude, mais cela même peut être mis à jour par la présence.
Méditer, c’est observer de façon très intime notre fonctionnement, celui de notre corps (perceptions, sensations), de nos émotions, de nos pensées, de nos mécanismes psychiques, sans juger, sans interpréter, sans s’identifier. Cette expérience au quotidien ouvre l’esprit à une conscience vaste, profonde, paisible qui transcende l’ego.
La méditation est un mode de vie, une attitude de présence au monde; elle désigne aussi le fait de s’entraîner à cette attitude dans une posture physique particulière. La pratique est d’abord ancrée dans le corps, car c’est la partie de nous même qui est toujours dans le présent.
Inspiré du bouddhisme Théravada, la méditation Vipassana est concue comme un outil de libération sans connotation religieuse, sans rituel et accessible à tous; il comporte trois volets complémentaires:
1 - Placée en début de séance, la pratique de l'amitié bienveillante, envers nous-même et envers les autres ouvre le cœur, apaise l’esprit, nous réconcilie avec nous-même et facilite ainsi l'attention détendue.
2 - L’attention à la respiration est utilisée pour calmer le mental, développer la concentration et s’ouvrir à une dimension de l’être plus vaste. C’est simplement être présent au mouvement naturel du souffle qui entre et qui sort, qui nous traverse.
3 - La vision profonde (vipassana) : quand l’esprit est stabilisé sur ce point d’appui, la méditation devient présence à ce qui est, à tout ce qui survient dans l’espace de la conscience : les sensations, émotions, pensées, perceptions intérieures ou extérieures qui apparaissent sont reconnues, accueillies pour ce qu'elles sont, c’est à dire sans interprétation ni jugement, puis, dans la liberté de cette vision, disparaissent sans laisser de trace. Les identifications à tout ce que nous croyions être nous-même laissent la place à un détachement naturel, une clarté paisible.
Cette présence méditative dans la posture nous apaise, nous délie de nos tensions et nous enracine dans la profondeur de notre être. Elle se prolonge dans la vie quotidienne par une capacité à être plus clair, plus vrai et plus disponible aux autres et au monde autour de nous.
La pratique hebdomadaire du vendredi n'est pas un enseignement mais une pratique de groupe souvent guidée en début de séance.
Qu'est-ce que la méditation? (interview d'un enseignant Thaïlandais)
Remerciements à S.N. Goenka, la nonne Indavati, Michael Kewley, Martine et Stephen Bachelor, Charles Genoud et Bhante Henepola Gunaratana pour leurs enseignements; merci également à Jean Klein pour les enseignements qu’ils nous a laissés dans ses livres. Merci enfin à Anne Michel, mon enseignante actuelle.
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